Besoin urgent d’une action pour une nouvelle commission de haut niveau sur le renforcement du pouvoir légal des pauvres.

Ci dessous une note et quelque information de fond au sujet du projet d’établir une nouvelle "commission de haut niveau pour le renforcement du pouvoir légal des pauvres", avec Madeleine Albright et Hernando de Soto comme co-présidents. Un brouillon de cette lettre a été envoyé à de nombreuses organisations le 20 Juin dernier et les propositions pour des changements mineurs dans le texte de la part des organisations ont été inclus dans la version finale. Nous demandons à toutes les organisations qui endossent le texte de bien vouloir le signer en envoyant un e-mail à elin.enge@npaid.org ou helleberggrav.hanssen@npaid.org.

Oui, nous supportons ce lettre

Lettre à signer :

Demandes de la Société Civile de supporter une Commission de haut niveau sur le renforcement du pouvoir légal des pauvres.

Une Commission de haut niveau sur le renforcement du pouvoir légal des pauvres avec Madeleine Albright et Hernando de Soto comme présidents, sera lancée le 13 Septembre prochain  en coordination avec la réunion plénière de haut niveau de l’assemblée générale de l’O.N.U.

Des organisations de la Société Civile représentant les pauvres et des organisations travaillant avec les pauvres s’opposent fermement à la procédure préparatoire précédant l’établissement de cette commission. Il n’y a eu aucune consultation ou procédure qui comprennent les principales organisations de la Société Civile représentant les pauvres. Le haut niveau, riche et puissant sont pour « renforcer le pouvoir des pauvres », tandis que leurs représentants sont totalement exclus du processus. C’est un processus de haut en bas (top down) « au nom des pauvres ».

Cette commission doit être renforcée par l’O.N.U, mais ce n’est pas une commission de l’O.N.U. Le processus manque donc de la légitimité d’un processus large de l’ONU. Nous demandons donc à l’ONU d’avoir un rôle de leader pour la commission à venir afin d’assurer la transparence et une représentation équilibrée.

Nous nous opposons également à ce que les politiques et l’idéologie de Hernando de Soto forment les bases de la commission et que De Soto soit nommé comme un des co-présidents. De Soto est vu comme un ferme proposant d’un agenda néo-libéral avec la privatisation comme élément-clé, une position qui est hautement controversée. En plus, De Soto est, à travers son propre institut (ILD),  engagé sur une base commerciale dans la formalisation de projets en cours. Cela projette une ombre d’intérêts créés sur son rôle de co-président et le disqualifie même.

La situation des pauvres et les systèmes de droits à la propriété sont très divers. Cette diversité doit être considérée sérieusement dans tous les processus de formalisation des droits. La légalisation des droits de la propriété privée peut être progressive et importante dans certains domaines, mais le même processus pourrait consolider des propriétés injustes, accentuer l’insécurité et miner les droits des pauvres dans d’autres domaines. Les droits des peuples indigènes, des femmes et des communautés de propriété commune sont souvent les perdants dans les processus de formalisation. La commission peut terminer par une vulnérabilité accentuée et un affaiblissement future plutôt qu’un renforcement des pauvres.

Cependant une commission sur le renforcement du pouvoir légal des pauvres peut, étant donné les changements radicaux dans les méthodes de travail, la plate forme politique et les membres de la commission, être un outil de travail utile pour les pauvres dans leur lutte contre la pauvreté.

Nous, les organisations de la société civile représentant les pauvres et les organisations travaillant avec les pauvres, demandons ce qui suit pour appuyer ce qui s’appelle couramment « Une Commission de Haut Niveau sur le Renforcement du Pouvoir Légal des Pauvres ».

  1. Qu’au moins la moitié des membres de la commission, dans les groupes de travail et du conseil, doivent être des représentants de haut niveau des organisations des pauvres, choisis par ces organisations mêmes.
  2. Hernando de Soto doit être remplacé comme co-président par un représentant de haut niveau des pauvres, choisi par les organisations des pauvres.
  3. Une fois établie une composition plus équilibrée de la commission (ref. 1), le mandat, les méthodes de travail, les politiques, etc. doivent être décidés par la commission elle-même afin d’éviter un mandat étroit et des conditions idéologiques définis par des gouvernements débutants. La commission ne doit pas être basée sur des idéologies et des théories comme celles proposées par Hernando de Soto, mais plutôt inclure divers aspect et positions afin d’obtenir les recommandations que reflètent les réalités et diversités complexes.
  4. Les ressources financières doivent être disponibles pour les organisations des pauvres afin de faciliter les processus de participation où les pauvres et leurs organisations sont les éléments clés du travail de la commission et les groupes de travail

Signé par les organisations.

L'initiative pour ce lettre etait pris par:

Via Campesina
World Forum of Fisher Peoples (WFFP)
World Forum of Fish Harvesters and Fish Workers (WFF) / Foro Mundial de Pescadores y Trabajadores de la Pesca
ActionAid International
Focus on the Global South (Thailand, India, Philippines)
Norwegian People’s Aid
The Development Fund, Norway

(The International Federation of Agricultural Producers (IFAP) etait actif dans le proces d'ecrire ce lettre, mais n'a pas eu assez de temps pour formellement le signer.)